Le coléoptère des ruches, ou Aethina tumida de son nom scientifique, est un insecte dangereux pour les ruches car il se nourrit du couvain (les œufs et les larves d’abeilles), du miel et du pain d’abeilles et détruit les cadres des ruches. Il appartient à la famille des Nitidulidae, qui comprend plusieurs milliers d’espèces et qui sont essentiellement des décomposeurs de matières animale ou végétale et qui apprécient les produits fermentés ou les réserves alimentaires. Leur corps est plus ou moins ovale et leurs antennes sont en forme de petites massues.

Le coléoptère des ruches a été découvert en Europe en 2014 dans le sud de l’Italie et en juillet 2022 un foyer a été repéré à La Réunion. Pour l’instant, sa propagation est contenue, mais une vigilance est de mise. Un cas isolé a été repéré et heureusement éradiqué en Sardaigne.
Cycle de vie
texte emprunté à Joshua Ivar
Les femelles de ce coléoptère sont attirées par les ruches en raison de leur odeur. Elles pénètrent à l’intérieur, et, si elles échappent à l’instinct de nettoyage des abeilles, elles pondent leurs œufs dans les cadres. Elles peuvent consommer les œufs de la ruche, source de protéine pour elle. De leur ponte émergent des larves, qui perforent les alvéoles pour se nourrir de miel et de pollen, provoquant le déversement du miel et sa fermentation.

Lorsque les larves ont mûri, elles sortent de la ruche, s’enterrent dans les alentours sous la planche d’envol, à faible profondeur, créent leur cocon et se transforment en adultes.
Le cycle dure de un à trois mois, selon la température ambiante. La larve a besoin d’un sol meuble et humide, de type sableux dans les zones humides, pour pouvoir se nymphoser. Ainsi, selon la région, elle peut ne faire qu’une seule génération par an, et ne pas causer de sérieux dommages, ou jusqu’à 6, et être un danger pour les ruches faibles ; les ruches fortes se défendent plus ou moins bien contre ce parasite.
L’apparition de ce petit insecte brun ou de ses larves dans une ruche doit obligatoirement être signalée aux vétérinaires cantonaux. Son déploiement en Europe aurait des conséquences catastrophiques sur les populations d’abeilles domestiques.
Un programme appelé Apinella est mis en place en Suisse dans différents ruches sentinelles pour essayer de repérer une éventuelle arrivée de ce néobiote et réagir rapidement le cas échéant.
